La Cour pénale internationale à l'épreuve de la répression en Afrique : des préjugés aux réalités

Près de douze ans après sa prise de service, la Cour pénale
internationale (CPI) suscite d'intenses débats politico-juridiques,
en raison de sa manière de combattre l'impunité des crimes relevant
de sa compétence dans le monde. Elle est souvent critiquée par la
société civile, les organisations de défense des droits de l'homme, la
doctrine, et même certains États en raison de son fonctionnement :
tous les suspects sont des ressortissants du continent africain,
même si cet état de fait repose sur des bases juridiques conformes
au droit international.
Quelles analyses peut-on faire de la fréquence des interventions
de la CPI en Afrique ? La politique du bureau du procureur de la
CPI est-elle dictée par les rapports de force politico-militaires qui se
présentent sur le terrain au moment de l'ouverture des enquêtes ?
Quelles alternatives s'offrent à la CPI et aux États africains ?
Le châtiment judiciaire est-il la seule voie de lutte contre l'impunité ?
Le présent ouvrage, qui est la restitution du mémoire de recherche
de master II de droit international public que l'auteur a soutenu le
25 juin 2012 au Centre de droit international de l'université Jean-Moulin
Lyon-3 en France, tente de répondre à toutes ces interrogations.
À l'époque de sa rédaction, certaines crises telles que celle au
nord du Mali et celle que traverse la République centrafricaine,
depuis décembre 2012, ne faisaient pas encore l'objet de situations
ouvertes devant la CPI. Pour autant, les analyses et concepts
développés demeurent plus que d'actualité.