A propos des actes d'évêques : hommage à Lucie Fossier

Après les diplômes des rois et les bulles des papes, les chartes des évêques constituent le fonds le plus cohérent d'actes en forme diplomatique, susceptible d'être utilisé par les historiens du haut Moyen Age. Un groupe de recherche pour l'édition des actes des évêques de France des origines à 1200 a donc été créé par le CNRS pour mettre à la disposition des chercheurs de nouvelles éditions d'actes des évêques. C'est à un de ses membres, Lucie Fossier, que le groupe ainsi constitué adresse le fruit de ses premières réflexions.
C'est ainsi que sont proposés des inventaires portant sur des chartes originales d'évêques conservées soit dans la France entière des origines à 1120, soit dans les fonds parisiens jusqu'à 1200 et 1220. Ces repérages et les modèles d'éditions qui suivent donnent une idée de la richesse et de l'importance des chartes épiscopales, comme le confirme encore l'exemple de Metz et de Toul. Les actes des évêques du XII<sup>e</sup> siècle sont d'un intérêt majeur pour l'histoire des institutions ecclésiastiques. Quand l'occasion s'y prête, comme on le voit avec Saint Geoffroi d'Amiens, ils permettent de définir les options spirituelles d'un prélat. Dans le cadre d'un diocèse, ils peuvent offrir l'occasion de mieux connaître l'entourage épiscopal, les hommes qui assistent l'évêque dans la gestion de son diocèse et de son patrimoine, l'évolution de l'archidiaconat, la naissance de l'officialité. A deux reprises, à propos de Pise et de l'Angleterre, on constate que la recherche dans le domaine épiscopal connaît aujourd'hui un succès très large en Europe.