A l'ombre des muses

À l'ombre des muses
Je les ai vues à Saranda,
avec le ruban et la couronne royale,
les yeux en intersection avec le fil du temps,
l'une avec des sabots,
l'autre avec des sandales,
l'une, l'épée à la taille,
l'autre avec un iPhone,
l'une à l'oeil d'aigle, dans l'obscurité,
l'autre née au 21<sup>e</sup> siècle.
Si Aragon avait pour muse Elsa, pour Lan Qyqalla, Lora, c'est la muse et la patrie. Et combien poignante est sa poésie, passionnée, désespérée. Avec Lora nous traversons épreuves et joies, nous suivons la métaphore de la souffrance, de la perte, nous cheminons avec le poète sur les voies du déchirement, de la rédemption peut-être ?
Il est question de l'amour d'un homme et d'une femme, mais aussi d'un pays et d'une langue, et de ces intrications naît la poésie.