A la recherche d'une formule achevée de construction de la neutralité électorale : la création de la Commission électorale nationale autonome (CENA) au Sénégal

A la recherche d'une formule achevée de construction de la neutralité électorale
En Afrique subsaharienne, on observe depuis quelques années une multiplication des commissions électorales. Qu'elles soient autonomes, indépendantes ou proches du pouvoir, elles procèdent toutes de la même logique : accroître les conditions de la transparence, de la régularité et de la sincérité des scrutins mais aussi et surtout réduire les contestations électorales en vue de consolider la légitimité des autorités élues.
Au Sénégal, la création récente de la C.E.N.A à la place de l'O.N.EL en vue d'assurer le contrôle et la supervision des élections a été largement discutée dans son principe et dans son contenu. Sa gestation « concertée », l'autonomie statutaire et fonctionnelle et la responsabilisation de la nouvelle structure de régulation électorale contribuent au renforcement de la confiance des acteurs de la compétition politique à l'égard de l'organe de régulation électorale et à la pacification du jeu électoral. En dépit des ses pouvoirs accrus en matière d'investigation, de contrôle, d'injonction, de sanction, de rectification etc., la réussite de son action reste largement tributaire de ses relations avec l'administration. Mais l'instauration de la C.E.N.A, si elle répond aux attentes placées en elle, demeure un instrument efficace de crédibilisation du processus électoral et de renforcement de la démocratie sénégalaise.