A la recherche du temps perdu en France et en Allemagne : 1913-1958 : dans une sorte de langue étrangère...

«Les beaux livres sont écrits dans une sorte de langue étrangère.»
En France et en Allemagne À la recherche du temps
perdu , depuis la parution du premier volume en 1913 jusqu'à sa
première traduction intégrale en 1958, donne lieu à des débats
passionnés. À la reconnaissance du Prix Goncourt succède une
période de défaveur (1926-1945) qui n'empêche pas la richesse
du discours critique, notamment outre-Rhin. Après 1945, la
France revient progressivement à Proust et l'Allemagne redécouvre
un roman qui devient un «nouveau paradigme littéraire».
Cette étude de réception (travaux universitaires, articles de journaux,
correspondances...) brosse un panorama de la critique au
XX<sup>e</sup> siècle (Crémieux, Pierre-Quint, Curtius, Benjamin, Spitzer,
Jauss, Adorno...) et met en lumière l'imbrication des facteurs
idéologiques, politiques et esthétiques dans les transferts culturels.
Comme si l'étrangeté de l'oeuvre littéraire était paradoxalement
une condition de possibilité du discours critique.