Au fil des jours blessés

Jésuite, frappé à 55 ans par une paralysie, Pierre-Marie
Hoog plonge dans l'univers des malades pendant dix mois,
sans savoir ce qui va se passer... Quand il n'a pas trop mal, il
écrit des notes que nous lirons lentement : des mots comme
extraits d'une gangue de non-savoir sur ce qui va advenir, de
l'angoisse traversée au bout de la nuit, de la confiance avec
les soignants qui permet à des personnes fragilisées de
prendre des décisions risquées.
Tout malade à l'hôpital est un être humilié : cette expérience radicale de
pauvreté va lui permettre de communier aux souffrances des personnes qui
viennent à lui. «C'est au-delà du voir, au-delà de l'entendre, quand je suis
entièrement dépossédé, que tout commence, cette jointure entre la vie et la
mort, cette jointure où l'on rencontre Dieu. Le lieu de ma plus grande faiblesse
peut être le lieu de ma plus grande grâce. La grande souffrance qu'il arrive
que nous ayons à traverser peut nous acheminer vers Dieu qui, lui aussi, s'y
révèle démasqué des images que j'ai faites de lui.»