Les mille et un petits plaisirs de l'éducation

Comment reconnaît-on qu'une éducation prodigue des bienfaits ?
Cela se vérifie à l'expression admirative, à la forme des yeux de l'enfant.
En effet, si ceux-ci sont enlarmés et qu'ils roulent dans leurs
orbites comme des bonbons en bouche, c'est que le programme est salivant.
Il ne manquera pas de donner des bourgeons surprenants, plus
tard.
Quand on voit un visage d'enfant, bien nourri alimentairement, et
qui s'éclaire radieusement sous les rayons pédagogiques et initiatiques
des parents ou d'un enseignant, c'est un spectacle craquant. Les
petits s'imbibent des éléments environnants, autant leur donner des
substances édifiantes, constructives, édulcorées d'amour et de civilité,
ils s'amuseront davantage de nos imperfections d'adultes et deviendront
tolérants.
Lorsqu'un enfant nous boit du regard, c'est qu'il croît, aussi bien
physiquement que mentalement. Il a besoin d'être rassuré, protégé. Sa
peur doit être jalonnée. Son visage aura plus tendance à refléter le
miroir de nos eaux humorales.
Si l'élève croque la vie à pleines dents, malgré les difficultés diverses,
il sera mieux à même de composer avec humour, gageant une plus
probable réussite. Le rire est le rebond de l'amusement-trampoline,
bien-fondé ; il est signe de bonne santé.
La gaieté est contagieuse, effaçant bien des maux.
L'enfant est un disque vierge, même s'il a été moulé avec les défauts
héréditaires incontournables comme tout un chacun, il n'aspire qu'à
apprendre. Il est malléable et spongieux.
S'il prend plaisir à se laisser éduquer, l'harmonie jouera sa partition
au sein de chaque lait nourricier.