Rue de Pologne : chronique des années 80

«Si, dans une rue, tout se passe à travers le détail
et le petit fait quotidien, si, par cet étroit passage,
un fragment d'humanité se voit à vif et, pour ainsi
dire, mis à nu, imaginaire compris, c'est à la faveur
des conditions très particulières et changeantes du
contexte. Reste à déplier cette texture comme on le
ferait de mots trouvés au fond d'une sacoche et
grâce auxquels le récit prendrait corps. [...] Cela tient
encore, davantage qu'à la qualité architecturale
d'un ensemble par trop autoritaire, à la variété de
ses petites différences, à une audace chromatique,
à une décoration florale accrochée au balcon et
même aux potiches, affiches et petits chats qui,
derrière la vitre, disent si bien les rêves intérieurs.
C'est sans doute là et pas ailleurs que j'ai rencontré
l'expression la plus convaincante de ce qu'on
appelle l'humain. Cette capacité à vivre ensemble
sans perdre son âme dans un équilibre toujours
renaissant, fragile et créatif.»