Retour vers la vie

Mon médecin m'avait pudiquement annoncé que j'entrais en maison de repos. Il avait évité le terme de «clinique psychiatrique», qui m'eût paru à la fois barbare et effrayant. Je m'y étais présentée, une lourde valise à la main, en partance pour un long voyage, en vacance de la vie...
J'avais cru rencontrer des gens aussi déprimés et angoissés que moi. Et voilà que je me retrouvais entourée de gamins délirants qui s'amusaient de la moindre bêtise, au-delà de tout complexe et préjugé. J'avais soudain l'impression apaisante de sortir d'un cauchemar, fût-ce momentanément. Mes nouveaux amis débordaient d'une vitalité rafraîchissante...
Puissent ces pages apporter joie et espérance à toutes celles et à tous ceux qui ont brûlé aux flammes de cet enfer. Puissent-elles être la confirmation qu'au cœur de la nuit la plus noire brille une flamme : celle de la vie...