Madame de La Ferté-Imbault : philosophe et femme d'affaires à la cour de Louis XV

La marquise de La Ferté-Imbault aurait pu n'être que la fille de la célèbre
salonnière «Madame Geoffrin». Mais une opposition violente et irréductible
de caractères allait en décider autrement. Mariée à un grand nom
de l'ancienne noblesse, Mademoiselle Geoffrin va saisir l'occasion d'affirmer
sa différence face à l'envahissante figure maternelle. Son mariage
lui ouvre les portes de la Cour. Veuve à vingt-deux ans, elle entreprend
d'y rétablir le lustre de sa belle-famille. Elle conquiert l'entourage du
Dauphin et de son clan dévot, où elle fait la rencontre de Madame de
Marsan, gouvernante des Enfants de France. Mais la Cour est aussi un terrain
de manoeuvre pour la défense de ses intérêts matériels, en l'occurrence
le privilège industriel de la Manufacture des glaces, pièce maîtresse
d'une prospère fortune familiale. La marquise s'engage enfin dans
le combat politique, en épousant la cause parlementaire et en soutenant
le retour de Maurepas au pouvoir.
Pourtant sa plus grande fierté sera d'être appelée à dispenser des
cours de «saine philosophie» aux jeunes princesses Clotilde et
Elisabeth. Tel est ce parcours peu banal, où l'on côtoie Madame de
Pompadour - a qui elle refusera pourtant l'accès prestigieux aux «petits
cabinets» -, le cardinal de Bernis, Louis XV, les ministres, le jeune
Louis XVI et Marie-Antoinette, avant que la disgrâce de la vieille Cour ne
l'éloigne des allées et des intrigues de Versailles.