De l'infantile au juvénile

Depuis Freud, l'infantile, d'abord adjectif
qualifiant la névrose et la sexualité, a été hissé
au rang de concept, caractérisant l'ensemble
des déterminants les plus précoces du sujet,
qu'on les date, plus logiquement que
chronologiquement, de l'époque de l' infans
qui ne parle pas ou de la première résolution
oedipienne.
C'est une provocation à la réflexion
métapsychologique que de proposer, au
même rang conceptuel, le juvénile, mais aussi
justement une déclaration épistémologique
essentielle. En effet, pendant très longtemps,
l'adolescence a été regardée comme un
simple moment d'accomplissement du projet
fantasmatique infantile et d'adaptation
du moi à une nouvelle réalité. Il a fallu
les avancées de quelques-uns et en particulier
en France de Philippe Gutton, de ceux qui lui
sont associés autour de la revue Adolescences ,
et de l'ensemble des fondateurs du Bachelier
pour que soit posée cette question : les enjeux
identificatoires de l'adolescence, constitutifs
de la subjectivité de l'adulte, ne sont-ils
que répétition plus ou moins adaptée
des déterminants infantiles, ou obéissent-ils
à une logique particulière, tout aussi primaire ?