Tabellionages au Moyen Age en Normandie : un notariat à découvrir

Tabellionages au Moyen Âge en Normandie
Changer d'époque n° 28
Le tabellionage est à la France du Nord ce que
le notariat est au Sud. Ce sont des notaires et
ce ne sont pas des notaires. Dans le midi, la signature du notaire suffit. Les tabellions doivent
eux faire valider les actes qu'ils enregistrent par
l'autorité judiciaire dont ils dépendent. Les deux
faces de la justice, la gracieuse et la contentieuse
restent étroitement liées. Dans certaines régions,
ces actes ont été conservés dès le XIV<sup>e</sup> siècle
dans des centaines de registres, en Normandie,
en Bourgogne, dans l'Orléanais ou le Dunois. Les
historiens disposent là d'une source exceptionnelle, qui va leur permettre de pénétrer dans la
vie des familles, éclairer la vie économique, les
pratiques religieuses, le rôle de la femme ou les
décalages entre la pratique et les coutumes. Le
tabellionage normand présente cependant des
caractères particuliers, il ne contient guère de
testament, ni d'inventaire après décès ; il sépare
le meuble et l'immeuble ; et il oublie souvent
de conserver le premier. Les recherches rassemblées ici éclairent les modes de tarification, les
raisons qui ont poussé à mettre en registre, le
comportement des élites urbaines, le rôle des tabellions dans l'administration fiscale, ou la manière dont ils contournent le poids de la très
originale coutume normande. On a voulu fournir au lecteur un guide d'exploration et d'utilisation des tabellionages. Les villes de Caen, Rouen,
Alençon, Neufchâtel, Louviers ou Vernon, seront
tour à tour abordées. Il a semblé important aussi
d'élargir ces recherches d'une part à la période
postmédiévale, d'autre part à une autre terre à
registres, les pays de Loire. La Normandie n'est
pas seule dans cette histoire.