Etre jeune en Palestine

Qu'est-ce qu'être jeune, aujourd'hui, lorsqu'on vit dans les territoires qui relèvent
de l'Autorité palestinienne ?
En 1987, la première Intifada mobilisait massivement les jeunes Palestiniens,
convaincus que leur lutte conduirait à l'instauration d'un état palestinien. En 1993,
les accords d'Oslo semblaient s'approcher de cet objectif. Depuis, l'espoir a
cédé la place au désespoir, et celui-ci est au coeur de la seconde Intifada, lancée
en 2000. Si la plupart d'entre eux maintiennent cet objectif politique national, tous
développent un pessimisme absolu quant aux chances de sa réalisation.
La vie quotidienne de ces jeunes est extrêmement dégradée, et comporte bien
d'autres préoccupations que celles directement politiques et géopolitiques :
études, travail, religion, relations familiales, amoureuses, etc. Lors de la première
Intifada, vie privée et vie publique centrée sur l'objectif national se combinaient
aisément, et le militantisme apparaissait comme un moyen d'améliorer la situation
dans tous les domaines de l'existence. Désormais cette articulation n'est plus
possible. L'engagement est devenu, tout à la fois, nécessaire et sans espoir.
Pénélope Larzillière mène depuis de nombreuses années des enquêtes de terrain
dans les territoires palestiniens. Elle brosse ici le portrait étonnant d'une jeunesse
dont l'expérience quotidienne est surdéterminée par l'évolution de la scène politique,
mais ne s'y réduit pas. Pour la première fois, le regard porté sur l'Intifada
mène bien au-delà de ses seules dimensions politiques ou diplomatiques. Il en
dévoile les limites, les tensions internes, mais aussi les ressorts les plus cachés.