Fuck you, Eu.ro.Pa. Sans sucre

Fuck you, Eu.ro.Pa ! n'est ni une lettre d'adieu ni un message.
C'est un essai, prévient la jeune fille. Dans cette Moldavie ex-soviétique,
tout a la couleur et l'odeur de la merde, dit-elle. Et
lorsque dans ce quotidien pénible se profile enfin la silhouette
opulente d'une Europe de l'abondance, la désillusion arrive trop
vite. Mais si le personnage, ou l'auteure en fin de compte, ne sait
pas trop bien le pourquoi exact de ce cri, la souffrance est là, le ton
est sincère et vrai. Sans sucre nous situe dans l'univers d'un
tandem frère-soeur, «en colère» contre leur famille, contre l'école,
contre la société moldave «en post-transition», contre le reste du
monde. La même violence et le même humour noir, en écho aux
grands bouleversements politiques de la dernière décennie.
Nicoleta Esinencu s'inscrit dans une nouvelle génération d'auteurs
qui, après l'écroulement des régimes communistes, n'ont plus
besoin de dissimuler ce qu'ils ont à dire. Ainsi libéré, le ton est
souvent violent ou impudique, sans aucun compromis. Mais
c'est dans la vulnérabilité insoupçonnée de ces personnages
insolents que se cache peut-être l'essentiel.