La liberté d'enseignement : chronique de notre temps

En 1983, le gouvernement dirigé par Pierre Mauroy se préparait, après avoir
nationalisé une trentaine d'entreprises parmi les plus grandes, à absorber, avec le
projet Savary, l'Ecole libre dans un «Grand service public, unifié et laïque».
Maurice Boudot, titulaire de la chaire de philosophie des sciences et de logique
à l'Université de Paris IV-Sorbonne, estimait au contraire que la démarche inverse,
qui donnerait aux parents et aux maîtres une plus grande liberté, était la seule à
même de redresser la situation de notre enseignement, miné depuis 1945 par le plan
Langevin-Wallon et déboussolé par mai 68.
C'est pour soutenir cette idée, très majoritaire dans le pays mais très minoritaire
dans la caste des intellectuels, qu'il créa Enseignement et Liberté. Pendant près de
vingt ans, il a, dans la Lettre trimestrielle de cette association, analysé les textes et
les événements qui ont marqué l'Education nationale.
La totalité de ces éditoriaux se retrouve dans ce recueil, préfacé par le
professeur Roland Drago, membre de l'Institut, qui fut aux côtés de Maurice Boudot
pendant toutes ces années, et avec une postface du recteur Armel Pécheul,
aujourd'hui président d'Enseignement et Liberté.
De la carte scolaire aux IUFM, de l'illettrisme au voile islamique, le lecteur
trouvera facilement, grâce à un Index, le regard porté pendant toutes ces années par
Maurice Boudot sur les causes de la situation actuelle, ainsi que les remèdes,
toujours inappliqués, qu'il proposait.