Pour une politique de l'égalité : communauté et autonomie dans la Bolivie contemporaine

Une analyse des luttes sociales dans l'hémisphère
Sud qui ne soit pas signée d'un intellectuel
du Nord, ni d'un penseur «hégémonique».
Une élaboration théorique qui se déploie au
cours même des expériences d'organisation et
de révolte, accompagnant les événements au
lieu de les englober. Et le croisement du projet
communiste avec les formes communautaires,
de l'universalité concrète du combat social avec
l'indianité comme forme de vie - aussi loin du
folklore multiculturaliste que du préjugé anti-communautariste
de la gauche traditionnelle.
Ce sont ces trois choses rares, surtout sous nos
cieux, qu'accomplit ici Álvaro García Linera. Ce
texte fondateur du «vice-président sociologue»
bolivien étudie les trois modes d'organisation
successifs du peuple bolivien, la forme-syndicat,
en déclin comme partout, la forme-multitude,
en un sens puissamment égalitaire, et la
forme-communauté, synthèse pratique de luttes
transversales et de singularités indigènes. Il a
été écrit après la «guerre de l'eau» de
Cochabamba (2000), quand les usagers d'une
petite cité andine se soulevèrent en commune
populaire contre la firme fournissant l'eau de la
ville. Et il trace des pistes précieuses pour
repenser, au-delà du cas bolivien, l'imaginaire
et les tactiques d'une gauche de combat.