FGV, faillite à grande vitesse : 30 ans de TGV

Drôle de trentième anniversaire pour le TGV ! La célébration
de ce mythe lancé en septembre 1981 peine à masquer
une catastrophe. Voies qui se dégradent, retards qui se
multiplient... les clients de la SNCF ne finissent pas d'en
payer la facture.
Car le train dont se sont entichés nos élus est responsable
d'une bonne part des 30 milliards d'euros qui asphyxient
un système ferroviaire sclérosé.
Signe de confusion, le président de la SNCF, Guillaume
Pepy, espère rompre avec la religion de la grande vitesse
qu'il a incarnée durant des années en sacrifiant les trains
de banlieue.
Qui l'eût cru ? Avec RFF, le propriétaire des voies, l'entreprise
publique crie à la folie face aux projets du pouvoir.
Foin de la crise, pour satisfaire le lobby du BTP et être
populaire auprès des élus locaux, l'Élysée s'empresse en effet
de hâter la construction de 2 000 kilomètres de nouvelles
lignes de TGV. Une façon de conjurer les échecs à l'étranger
de ce fleuron construit par Alstom.
La facture de 80 milliards d'euros conduirait assurément
à une faillite à grande vitesse. La campagne présidentielle
n'étant pas propice au réalisme, l'après-2012 s'annonce
douloureux.
En attendant, le TGV aboutit déjà à une privatisation
insoupçonnée du rail.