Primo Levi : le passage d'un témoin

Témoin majeur des camps nazis et du génocide des Juifs, Primo
Levi ne s'identifie pourtant pas uniquement au «devoir de mémoire»
dont il nous a légué la responsabilité. Sa personnalité est bien plus
complexe, à l'image de son histoire.
Au terme de ses études, comme le régime fasciste renforce ses
lois antisémites, il se retrouve mis au ban de la société italienne.
Alors qu'il s'apprête à entrer en résistance, il est arrêté et déporté à
Auschwitz. Il survivra à sa détention en partie grâce à ses connaissances
en chimie.
Même s'il rédige Si c'est un homme en 1946, à son retour, il ne
commence à témoigner qu'à partir de 1955. Peu à peu, il cumule les
activités : écrivain, directeur d'entreprise, personnalité publique. Il
compte parmi ses amis de nombreux grands intellectuels dont Italo
Calvino ou Philip Roth.
Mais après les années 1970, il est gagné par une fatigue et un
pessimisme qui lui font perdre espoir dans les capacités du témoignage
à lutter contre l'oubli et contre les violences politiques. Les
terrorismes brun et rouge des années de plomb en Italie l'affectent
profondément. En 1987, en pleine dépression, il se suicide.
Nourrie par de nombreux documents jusqu'alors inédits, cette
biographie retrace la vie exceptionnelle de cet homme aux multiples
facettes qui, jusqu'à présent, ne nous avait été que partiellement présenté.