Le Moyen Age par le Moyen Age, même : réception, relectures et réécritures des textes médiévaux dans la littérature française des XIVe et XVe siècles

Les contributions rassemblées dans le présent volume
s'intéressent toutes, à travers des oeuvres différentes appartenant à
des genres divers - romans, arthuriens ou non, chansons de geste,
poésie lyrique, théâtre, mais aussi compilation historique ou
traduction -, à la même question, à savoir la façon dont la
littérature française de la fin du Moyen Âge a reçu, relu, réécrit les
textes médiévaux antérieurs, et spécialement ceux du Moyen Âge
central. Se dévoilent ainsi des postérités plus (Chrétien de Troyes,
toujours lui) ou moins attendues (qui se souvient de la mise en
prose de Guillaume de Palerne par Pierre Durand ?) ; des
phénomènes subtils ou massifs de rajeunissement linguistique, de
réécriture - entre le vers et la prose, la «prose en dévers» - ou
d'échos, évidemment lyriques ; d'autres de croisement et
d'hybridation des matières, des genres, théâtre et allégorie,
compilation historique et roman arthurien - sans oublier la
légende de Barlaam et Josaphat, qui traverse plus d'un genre. De
tous ces textes nouveaux greffés sur d'anciens textes, il peut ainsi
ressortir l'image d'une littérature qui ne se construit pas tant dans
le recul ou la distanciation vis-à-vis d'elle-même que dans «un
toujours jeune recommencement».