L'esprit du christianisme et son destin. L'esprit du judaïsme

«Jésus ne combattit pas seulement une partie
du destin juif, parce qu'il n'était embarrassé par
aucune autre partie de celui-ci : il s'opposa plutôt au
tout ; il y était donc lui-même supérieur, et il chercha
à élever son peuple au-dessus de ce destin. Mais des
hostilités comme celle qu'il chercha à surmonter ne
peuvent être vaincues que par bravoure, et non pas
être réconciliées par l'amour ; aussi sa tentative
sublime de surmonter le tout du destin devait-elle
échouer dans son peuple, et lui-même devait-il en
être la victime. Parce que Jésus ne s'était battu
d'aucun côté du destin, ce n'est pas dans son peuple
que sa religion devait trouver un si grand écho parmi
les hommes, parce que ce peuple possédait encore
trop, mais bien dans le reste du monde, [parmi
les hommes] qui n'avaient plus aucune part au
destin, qui n'avaient absolument rien à défendre ou
à affirmer».