Mes partis pris (troisième série)

Jamais deux sans trois... Après les deux premières
séries de ses Partis pris , Xavier Soleil, qui avait inauguré
une approche - osons le mot - solaire de la littérature
récidive avec un troisième volume où il fait à nouveau la
preuve que la critique littéraire a encore de fervents desservants.
Cette troisième série, participe de la même singularité.
Ainsi qui connaît encore Joseph Malègue, cet écrivain
né en Auvergne en 1876 ? Presque personne. Sinon Xavier
Soleil dont l'érudition ramène cet auteur oublié à qui l'on
doit pourtant une oeuvre majeure, Augustin ou le Maître est
là , parue en 1933. Il en est de même pour Henry Bordeaux,
ou pour Léon Bloy dont le Journal et, surtout, l'immense
correspondance ne sont plus lus.
Comme il ne donne pas dans le convenu et qu'il
assume ses... partis pris, une place de choix est faite à deux
grandes dames. Marie-Aimée de Kermorvan et Marie-Madeleine
Martin. La première fut une amie de La
Tailhède et de Maurras. Et un grand poète catholique. La
seconde, née à La Chapelle d'Angillon - le village d'Alain-Fournier
-, chartiste de formation, fut la grande historienne
de la France éternelle.
Mes Partis pris - et je parle des trois volumes - sont
de ces livres qui donnent au lecteur le sentiment d'être
intelligent. L'auteur y prend de la hauteur et, du même
coup, élève ceux qui le lisent. Il y a, chez lui, quelque chose
de l'honnête homme du XVII<sup>e</sup> siècle qui était d'abord un
amateur. À savoir quelqu'un qui aimait et qui, de ce fait,
donnait à aimer.
Ainsi lit-on en bonne compagnie. Avec des compagnons
choisis. Des happy few ? Peut-être. Mais, faut-il le
dire, nous n'avons jamais eu la religion du nombre...
Alain Sanders