Les marins de la Loire dans le commerce maritime nantais au XVIIIe siècle

Au XVIII<sup>e</sup> siècle, Nantes est un des grands ports de commerce français et le
plus grand port de traite française. Située en fond d'estuaire, Nantes doit
en partie son développement à la partie basse de la Loire qui constitue la
colonne vertébrale du commerce maritime entre la cité, centre de commandant,
et l'espace océanique. Au-delà de l'histoire négrière que l'on a trop hâtivement
tendance à confondre avec l'histoire de Nantes, l'ouvrage s'intéresse aux marins
de l'estuaire de la Loire, acteurs souvent oubliés, cheville ouvrière de la réussite
économique de la ville. Le fil conducteur et l'objet de la recherche ont pour but
de saisir le rôle complexe des marins de la rivière en tentant de comprendre
comment et pourquoi ces hommes deviennent une composante majeure de
l'entreprise de commerce maritime nantais ?
En effet, l'intensification du trafic, en moins d'un siècle, provoquant
l'accroissement des besoins en navigants de la marine marchande et l'impossibilité
des Nantais à répondre à cette forte demande, conduit à solliciter les travailleurs
extérieurs à la ville, en premier lieu, ceux de l'estuaire, les plus proches. Le travail
souligne ainsi combien la zone, à la confluence des terre, mer et fleuve, monte
en puissance, concentrant environ 20 % des marins des équipages coloniaux. De
même, l'essor des grands commerces transocéaniques redéfinit le rôle de l'estuaire
de la Loire. Dans cet ensemble territorial, émergent inégalement les avant-ports
et bourgs de Paimboeuf, Montoir, Saint-Nazaire, Le Pellerin et Chantenay, gros
fournisseurs en bras du commerce, mais Nantes conserve la tête de l'entreprise ; bien
que dépassée en terme d'effectifs, elle se réserve les postes les plus qualifiés.