Les sensualités

Fermez les yeux un instant... Sentez palpiter ce souffle de
sensualité qui se love, indiscret, dans les plis froissés d'une soie
vaporeuse... Silhouette estompée d'une «ombre qui étire sa
chevelure de lune» , frémissement gonflé de tendresse de ce
bras comparé à «la chaleur tendre d'un châle exquis».
Qui est-il «cet homme-oiseau aux yeux noyés de cristaux»
?
Homme passionnément aimé, ou bien fantasme d'une femme
qui offre ses mains «comme un nid» dans la magie du
silence, pour enlacer de sensibilité vaporeuse un rêve énigmatique
en permission de minuit ?
C'est l'heure de la poésie. Une poésie dédiée à la mémoire de
Georges Lair , un sculpteur lyonnais, sur ivoire et sur bois,
décédé en 2007, dont une oeuvre illustre merveilleusement la
couverture de ce recueil.
Après « Il fut, il est », témoignage poignant d'une mère
meurtrie dans sa chair, après « Abeilles », où Danielle Laget
nous offrait déjà une mosaïque d'émotions, la poétesse gravit
encore une marche aujourd'hui avec «Sensualités» pour nous
parler, avec pudeur, avec impudeur parfois, mais toujours dans
le non-dit, simplement suggéré, de ce joyau qui reste éternel : la
tendresse.
Jacqueline Boilot