On a volé la Lune

On a volé la lune
William le vrai, le pur, le dur...
Je le connais, je l'ai fréquenté, parfois exploré. Le vrai, semblable à lui-même.
C'est un homme riche de connaissances, d'expériences. Ses modèles sont Higelin, Bashung, Gainsbourg, Lavilliers, Nougaro, Ferre, Leotard, Bohringer, Renaud... Les foudroyés, les grands, les authentiques... Les libres penseurs. Les solitaires. C'est un homme agité. Par moment aimé lorsqu'il est tendre, par moment refoulé par ceux qui ne le comprennent pas, qui ne l'ont jamais compris.
C'est un homme brûlé, un grand blessé. Il ne supporte pas l'autorité. C'est un insoumis. Impitoyable envers lui-même, il n'a jamais peur de rien, sauf de lui.
Comme Charlotte - son chien -, les vieux démons sont ses fidèles compagnons. Mais dangereux, cruels, destructeurs, criminels... Ils le tuent à petit feu. Il paie cher ces fréquentations-là...
Si vous le cherchez, vous le trouverez, abandonné, peut-être en train de pleurer, chanter, écrire ou rire. Car il rit. Pas souvent, mais lorsqu'il s'amuse, il ne fait pas semblant, il fait tout à l'extrême. Il ne triche pas. Il lui arrive régulièrement de rire de lui-même.
Sa route a toujours été semée de pièges à loup.
On l'a retrouvé souvent à genoux, mais s'est toujours relevé, pour continuer, debout...
Il vit en permanence dans le rock'n'roll, dans l'alcool, son meilleur ami, son pire ennemi...
En lui, tout tourbillonne, tout bouillonne, tout se mélange. De l'extérieur, on trouve finalement de l'ordre, dans son désordre...
Ses souvenirs sont des bombes à retardement. Parfois tout éclate.
Il en perdra son âme, Monsieur William...
Il ne sera paisible en vérité qu'à la fin, j'en suis sûr.
Je dois préciser pour finir, que dans tout ça, il n'est pas et il n'a pas été le seul accidenté, Monsieur Lebret...
« Un homme qui ne pense pas est un homme qui ne vit pas.
Un homme qui pense trop est un homme qui meurt »
Cédric Goueytes mars 2007