Je suis mort un mardi

Il y a un mardi toutes les semaines, ce qui en fait un bon
nombre à l'actif de chacun, néanmoins, pour Vincent, ils ont gravé
sa mémoire. Seul d'une fratrie de sept enfants à pouvoir aujourd'hui
raconter combien, pour lui, ces mardis ont été fondateurs ou
réparateurs, Vincent livre ici leur histoire.
Retirés à leurs parents par les services sociaux, écrasés par
Madame X, «famille d'accueil» qui les tyrannisait, les enfants ont
grandi dans l'ignorance et le discrédit de leurs racines familiales. Il
s'ensuivra pour eux des hôpitaux psychiatriques, des centres
spécialisés, des appartements thérapeutiques. Vincent, celui qui, au
prix de nombreux arrangements, y échappera, fera plusieurs
rencontres décisives, comme celle du travailleur social qui, un
certain mardi, l'arrachera aux griffes de Madame X. Il suivra des
études, s'assumera, ne rompra jamais les liens avec ses frère et soeurs,
ses parents et celle-là même qui les a maltraités.