La folle liberté des baroques : 1600-1661

A l'aube du XVII<sup>e</sup> siècle, et après quatre décennies de
terribles guerres de Religion qui ont mis la France à feu et
à sang (1572 est l'année de la Saint-Barthélemy), la
noblesse française traverse une crise douloureuse qui se
traduit par une soif absolue de vivre dans une liberté
totale. L'idéal que les gentilshommes n'auront de cesse
d'atteindre, s'il est un véritable manifeste pour la vie, ne
souffre cependant aucune compromission. Henri IV, Marie
de Médicis, Louis XIII sont les contemporains de cette
histoire dont le caractère tragique est peu connu : l'heure
est à la révolte, au duel, au complot. Il flotte dans l'air du
temps un goût macabre pour la mort, traduit par les excès
de l'art baroque, qui renvoie une image troublée d'une
société traversée de terribles angoisses existentielles.
Cette conscience du monde ne pourra être ignorée des
gouvernants et leurs politiques en seront marquées
(notamment le désir de négociation et de paix).
L'époque, enfin, n'est pas sans rapport avec la nôtre,
c'est le sacre de l'individu : Montaigne place le «moi» du
créateur au centre du monde.
Ces idées nouvelles de liberté, que les libertins pousseront
à leur paroxysme, sont au coeur du livre de Jean-Marie
Constant : confrontant culture et politique, fiction
et réalité, il fait revivre ce mouvement subversif et
fécond, précurseur de l'époque des Lumières, et que
saura habilement récupérer le Roi-Soleil.