Critique, n° 682. Leo Strauss : le philosophe et les faucons

Critique, n° 682. Leo Strauss : le philosophe et les faucons

Critique, n° 682. Leo Strauss : le philosophe et les faucons
Éditeur: Minuit
2004ISBN 9782707318701
Format: BrochéLangue : Français

Voir une image, cela peut-il nous aider à mieux savoir

notre histoire ?

En août 1944, les membres du Sonderkommando d'Auschwitz-Birkenau

réussirent à photographier clandestinement

le processus d'extermination au coeur duquel ils se

trouvaient prisonniers. Quatre photographies nous restent

de ce moment. On tente ici d'en retracer les péripéties, d'en

produire une phénoménologie, d'en saisir la nécessité hier

comme aujourd'hui. Cette analyse suppose un questionnement

des conditions dans lesquelles une source visuelle

peut être utilisée par la discipline historique. Elle débouche,

également, sur une critique philosophique de l'inimaginable

dont cette histoire, la Shoah, se trouve souvent qualifiée.

On tente donc de mesurer la part d' imaginable que l'expérience

des camps suscite malgré tout , afin de mieux comprendre

la valeur, aussi nécessaire que lacunaire, des

images dans l'histoire. Il s'agit de comprendre ce que malgré

tout veut dire en un tel contexte.

Cette position ayant fait l'objet d'une polémique, on

répond, dans une seconde partie, aux objections afin de

prolonger et d'approfondir l'argument lui-même. On précise

le double régime de l'image selon la valeur d'usage où on a

choisi de la placer. On réfute que l'image soit toute. On

observe comment elle peut toucher au réel malgré tout , et

déchirer ainsi les écrans du fétichisme. On pose la question

des images d'archives et de leur «lisibilité». On analyse la

valeur de connaissance que prend le montage , notamment

dans Shoah de Claude Lanzmann et Histoire(s) du cinéma

de Jean-Luc Godard. On distingue la ressemblance du

semblant (comme fausseté) et de l'assimilation (comme

identité). On interroge la notion de «rédemption par l'image»

chez Walter Benjamin et Siegfried Kracauer. On redécouvre

avec Hannah Arendt la place de l'imagination dans la question

éthique. Et l'on réinterprète notre malaise dans la

culture sous l'angle de l' image à l'époque de l'imagination

déchirée.

Ce livre est proposé par (0) membre(s)
Ce livre est mis en favori par (0) membre(s)