Albert Schweitzer-Hélène Bresslau, correspondance 1901-1905 : l'amitié dans l'amour

«Certes, je ne connais pas encore mon chemin - c'est plus facile
pour un homme de le connaître, car sa profession lui ouvre la voie.
M'aiderez-vous à le chercher ? "Pourquoi aurions-nous des amis,
si nous n'avions pas besoin d'eux ?" - je n'ai jamais pu supporter
le cynisme de ce mot, mais il contient une part de vérité. Lorsqu'une
femme ne possède pas de talents particuliers, il lui est difficile de
tracer un chemin qui soit vraiment le sien. Mais peut-être que là aussi
quelqu'un va me donner un élan, comme c'est arrivé hier ?»
(Hélène Bresslau à Albert Schweitzer, le 5 mai 1902)
«Une terrible lassitude me saisit... Mais jamais je ne me dis que ce
n'est qu'une chimère, car je suis trop logique et trop raisonnable pour
caresser des chimères. Ce que je veux ne peut être une chimère. Je suis
trop réaliste pour cela. Et je veux me délivrer de cette vie bourgeoise
qui pourrait tout tuer en moi. Je veux vivre, agir comme un disciple de
Jésus. C'est la seule chose à laquelle je crois - et à ton amitié.»
(Albert Schweitzer à Hélène Bresslau, le 26 février 1905)