Le bonze et le pirate

Hanoï (Indochine française),
188... Aventurier, trafiquant et
fumeur d'opium, Maximilien
Réclavier ne connait qu'une loi : celle de
l'honneur. Quand le Dê-Kiêt, jeune pirate
plein d'audace, lui enlève par traîtrise sa
jolie congaï, et toutes ses économies,
Réclavier ne pense pas un instant à alerter
la police : la vengeance de cet affront ne
regarde que lui. Une lutte féroce s'engage
alors entre les deux hommes que rapprochent
même bravoure, même estime réciproque
et même goût pour l'opium.
Chacun capture l'autre à son tour et rivalise
de cruauté. Force est cependant de
constater que le Tonkinois maîtrise beaucoup
mieux la question que le Français...
Voilà pour le pirate. Et le bonze ?
Nullement le saint homme qu'on attend :
ivrogne, paillard et fourbe, sa pagode
tient plus de la maison de thé et du repaire
de brigand que du sanctuaire !...
Deux belles figures éclairent furtivement
le roman : celle du Dê-Tham au bracelet
d'or, pirate mais patriote, noble et
sage, et celle de Liên, la congaï, toute
d'acceptation souriante, de courage tranquille.
Nulle sentimentalité dans ce livre :
Réclavier ne se départit jamais d'une
verve, d'un cynisme et d'un humour noir
qui donne sa force à son récit...