Lectures de Dona Barbara de Romulo Gallegos

Le Vénézuélien Rómulo Gallegos, homme
politique, éducateur et écrivain, est universellement
connu pour le Prix littéraire le plus
prestigieux d'Amérique latine qui porte son
nom, mais surtout pour l'un des romans
emblématiques de la terre américaine, Doña
Bárbara. Le jeune juriste Santos Luzardo, qui
après avoir envisagé de partir s'installer en
Europe, décide de revenir exploiter la propriété
familiale, engage la lutte du droit contre
la loi des caciques, de l'éducation contre la
soumission aux lois du milieu naturel, de la
civilisation contre la barbarie.
L'importance accordée à l'évocation de la
nature et des paysages, ainsi qu'à celle des
activités relevant des saisons et du quotidien,
a fait classer Doña Bárbara parmi les «romans
de la terre». Mais le tellurisme de cette oeuvre
relève parfois de ce que la critique nommera,
quelques années plus tard, le «réalisme magique»
: lu et apprécié par Miguel Angel
Asturias, le Guatémaltèque, par Arturo Uslar
Pietri, le Vénézuélien, et par Alejo Carpentier,
le Cubain, Gallegos se détache des modèles
réalistes et naturalistes, pour proposer une
nouvelle manière d'appréhender les terres du
Nouveau Monde, à travers les croyances des
personnages, les rites et les pratiques populaires,
identitaires même, qui influencent la
vision du monde et de la vie dans les grandes
plaines de l'Est vénézuélien.