Droits fondamentaux des étrangers en centres de rétention : deux exemples européens : le CRA (Paris) et le CIE de Via Corelli (Milan, Italie)

Conformément au principe de souveraineté, les États européens ont
le pouvoir de règlementer l'entrée et le séjour des étrangers sur leur
territoire. Ainsi, ils peuvent renvoyer vers leurs pays d'origine ou de
transit les étrangers qui ne disposent pas de visas d'entrée ou de
titres de séjour requis par les législations des pays d'accueil. Et, c'est
dans la mise en oeuvre de l'éloignement que ces États ont mis en
place la rétention administrative qui est définie comme un système de
placement d'un individu, faisant l'objet d'une mesure d'éloignement,
dans un centre non pénitencier, afin d'exécuter son renvoi lorsqu'il ne
peut pas le faire dans l'immédiat.
La rétention administrative, privation de liberté de la personne,
droit fortement protégé par les textes internationaux, régionaux et
nationaux des droits de la personne, est certes autorisée, mais elle
doit se faire dans le respect des droits des étrangers. Cet ouvrage a
pour but d'analyser le respect des droits fondamentaux des migrants
irréguliers placés en rétention. Afin de mieux circonscrire ces éléments,
il est question d'étudier cette application effective dans les deux plus
grands centres de rétention en France et en Italie selon une approche
comparée. Les questions relatives aux conditions de rétention dans les
systèmes nationaux y sont explicitées ainsi que l'évolution de l'ordre
juridique de la rétention selon le système européen de protection des
droits fondamentaux.