La vérité de Qumrân

Aucune découverte archéologique n'a suscité dans les temps modernes
pareille vague d'intérêt comme les manuscrits de Qumrân, cet ensemble
unique de manuscrits bibliques découverts dans les années 1940
autour de la Mer Morte. Ces textes à la forte teneur apocalyptique
ont, à mesure qu'ils ont été traduits et révélés au public, éveillé
l'imagination de tous.
C'est une double histoire que raconte ici Neil Asher Silberman : celle
d'un petit peuple de la province de Judée, dont la religion farouchement
nationaliste, centrée sur le Temple, se voyait cruellement combattue
par les Romains ; et celle de la découverte, puis de la traduction au
compte-goutte des manuscrits, jusqu'à ce que le New York Times fasse
sa «une» sur le scandale du monopole exercé par une coterie de soidisant
spécialistes.
En accord avec l'exégète R. Eisenman, Neil A. Silberman montre que
ces textes, écrits au moment le plus noir de l'histoire juive ancienne,
loin d'être le fait d'une communauté apolitique isolée dans un désert
de pierres, sont l'expression d'un mouvement de résistance nationale
à la fois contre l'administration impériale romaine et contre l'aristocratie
juive de Jérusalem. C'est dans un tel contexte, soutient-il, qu'il faut
comprendre la venue des nombreux messies et, parmi eux, de Jésus.