Le petit pèlerin : Florimont : angle chemin du Crédo, chemin du Bac, tout un programme... : en marge d'un 100e anniversaire, cette confession d'un enfant d'il y a un demi-siècle...

Je devais avoir 7-8 ans.
C'est alors qu'un livre, plus que tout autre, me troubla.
Son titre : «Le Voyage du Petit Pèlerin».
Un ouvrage qui m'emmenait à tire-d'ailes angéliques vers des Terres inconnues,
la Récompense suprême étant au bout de ce périple merveilleux. Mais, pour
atteindre cette Félicité, que d'obstacles à surmonter ! Or, très vite, le rêve annoncé
allait se transformer en cauchemar. Et de me revoir en sueur, traversant cette fantasmagorie
de tous les dangers, passant du Pays de la Terre enchantée à celui de
la Joie ou ressortant trempe comme une soupe du Marécage du Découragement.
Cependant, cette Cité Céleste, ultime station (de croix) de ce marathon vers le
Salut, attirait mes pas. Alors, le but avoué de l'achat de ce récit «délirant» signé
John Bunyan, évangéliste ? Ma conversion, tout simplement. J'étais fixé. C'est
ainsi qu'un beau matin, je me réveillai revêtu d'une armure, fendant la foule des
Méchants car, vous l'aviez compris, Le Petit Pèlerin désormais, c'était moi.
Oui, vert de trouille, j'étais entré dans mon livre...
L'auteur, après avoir dès les années 60, bourlingué de La Nouvelle-Orléans à
Harlem sur les traces des jazzmen de l'Age d'Or puis s'être penché sur la vie
tumultueuse de Sidney Bechet , avant d'aborder celle de Lucheni , l'homme qui
tua Sissi et d'explorer le quartier mythique des Pâquis , de faire partager enfin
sa passion-vertige pour les Centenaires , nous entraîne cette fois dans le monde
«innocent» de l'enfance, un voyage-pied de nez au monde des adultes et à leur
bourrage de crâne, même si spirituel qui, de camps bibliques dans l'Oberland
bernois l'amènera pour trois ans dans les murs d'un institut catholique genevois,
Florimont, chemin du Crédo (!),
(sainte) épine dorsale de ce récit, le temps pour le Petit Pèlerin de confesser
tous ses «petits péchés» ou considérés comme tels il y a un bon demi-siècle...
Devenu adolescent, l'auteur découvre le Jazz. Du coup, après avoir applaudi
aux exploits de son petit Agneau de Dieu puis s'être fait du mauvais sang pour
sa Brebis perdue, sa famille va enfin découvrir son «Mouton noir»...