L'armée du second Empire : 1852-1870

Aucune étude n'a été consacrée à l'armée du Second Empire. Elle
est pourtant celle d'une époque brillante qui a fait de la France une
grande nation. Outil forgé sur mesure par Napoléon III, elle a contribué
à donner au pays la première place en Europe. Après plusieurs
décennies d'ostracisme, l'Empereur des Français en a restauré
l'image et lui a rendu sa dignité, non sans chercher à renouer avec
les souvenirs de la Grande Armée.
L'armée impériale connaît une durée bien supérieure à celle du Premier
Empire. Même s'il n'existe pas de légende bâtie sur ses succès,
qui n'ont certes pas le même pouvoir évocateur que ceux de la Grande
Armée, elle a fait campagne toujours avec mérite. Fait nouveau, elle
intervient sur tous les continents, et à un niveau que l'armée française
n'a jamais connu auparavant. Elle prend Sébastopol, en Crimée,
elle occupe Milan, en Italie, elle participe à la prise de Pékin,
en Chine, elle entre à Mexico, au Mexique, où elle parvient à tenir
un immense pays avec des effectifs limités.
Armée de grande valeur, elle fut à un moment donné la meilleure
d'Europe, et elle s'est toujours remarquablement tenue au feu, même
contre l'envahisseur prussien, pour qui elle a été un adversaire coriace
qui en a mesuré le prix. On oublie ensuite que le redressement qui
suivra la défaite de 1870, aux débuts de la III<sup>e</sup> République, devra tout
à l'ancienne armée impériale, à ses officiers, ses sous-officiers et ses
soldats, qui continuèrent à servir la France au-delà du régime.
Voici donc cette armée du Second Empire, métropolitaine ou armée
d'Afrique, décrite comme institution, dans ses armes et ses services,
qu'elle soit en manoeuvres sur le camp de Châlons ou en campagne,
qu'elle vive le temps de paix ou bien qu'elle connaisse le temps
de guerre.