La cavale

Deux ans auparavant, elle était encore une célèbre pianiste. Elle possédait tout
ce dont une artiste peut rêver : le talent, le succès, la richesse, un fiancé qui était
aussi son imprésario. En une nuit, elle avait tout perdu.
Mais quand on croit toucher le fond, le sort se réserve parfois de montrer que l'on
est loin du compte. C'est ainsi qu'un soir, avant de quitter le club où elle joue
désormais pour un salaire dérisoire, elle assiste à un meurtre de sang-froid perpétré
par son patron, Carlo Giovessi. Horrifiée, elle a juste le temps de s'enfuir, au son de
l'ordre terrible qui va précipiter son existence dans le cauchemar : «Tuez-la».
A présent, sous la protection d'un agent du FBI qui l'emmène à bord d'un petit
avion vers une destination inconnue, elle n'est plus qu'un témoin capital, que
l'on met à l'abri en attendant le procès du meurtrier. Autour d'elle, rien n'existe
plus, hormis cet homme taciturne et brutal qui lui sert de garde du corps et les
montagnes enneigées et hostiles qu'ils survolent en silence.
Bientôt ils devront affronter les éléments déchaînés et les tueurs lancés à leurs
trousses. Ils auront peu de chances de s'en sortir. Peu de ressources aussi : l'instinct
de survie, et peut-être aussi, cette rage de vivre et d'aimer qui donne toutes les
audaces lorsque l'on sait que la mort peut survenir d'une seconde à l'autre.