La déconfite gigantale du sérieux

Pietro di Vaglio aurait existé entre 1795 et 1836.
Il a vingt ans quand il découvre tout à la fois la
politique et la littérature. Dans une Rome révolutionnaire,
il intègre un cénacle romantique dont il
est chargé de tenir le journal. Mais c'est peu à peu
vers d'autres amitiés qu'il va se tourner, après avoir
découvert, au hasard d'une nuit d'ivrognerie, une
auberge «gargantuesque» peuplée de personnages à
la langue débraillée, affreuse et magnifique.
Récit d'une «conversion», La Déconfite gigantale
du sérieux célèbre les passions et fait l'éloge d'une
littérature jubilante, qui saura mettre en scène un corps
copieusement vivant. À la fois jeu de piste, jeu de rôle,
pseudo-traduction ou travail érudit, le livre proposé
par Arno Bertina suggère que le geste d'écrire est
étranger à tout esprit de sérieux, à tout sens du sacré.