Dedans, dehors : la condition d'étranger

Dans le florilège des vies infâmes, de ces existences déclarées
honteuses faute de s'accorder aux standards des nations, celle de
l'étranger est marquée d'une précarité singulière : qu'est-ce qu'une
vie à côté de la vie, inadmissible, sans attaches, prise entre deux langues,
en attente, à la frontière ? Que signifie pour un individu être désigné
«étranger» ? Et quel sens cette désignation revêt-elle pour la société qui la
favorise et la cautionne ?
Au fil de l'analyse, Guillaume le Blanc éclaire les processus qui assignent les
étrangers à une place intenable : pris dans le fantasme d'une intériorité
nationale, dans la nation mais dehors, avec elle mais sans elle. Dès lors,
face à cette logique de l'effacement qui produit des hommes sans qualités,
une question surgit : peut-on se penser soi-même comme un autre ?