Savoir, agir, n° 2. Identité(s) nationale(s) : le retour des politiques de l'identité ?

Ces dernières années ont vu se développer des discours contradictoires
sur le travail. Essayistes et chercheurs (en particulier des économistes)
ont prédit la «fin du travail», ou du moins la fin des formes d'identification
par le travail. Dans le même temps, la «valeur travail» a
occupé une place importante pendant la récente campagne présidentielle.
L'activité professionnelle a été présentée, plus particulièrement
par le candidat de droite ayant été élu, comme la solution à l'intégration
des individus dans la société, et aussi comme la clé de l'amélioration
des conditions de vie («travailler plus»).
À gauche aussi, ces questions font débat, beaucoup regrettent que la
valeur travail ait été ainsi laissée à la droite, alors qu'elle est à la base
des analyses marxistes sur la société. De son côté, Pierre Bourdieu lui a
consacré de nombreux travaux, soulignant son ambivalence.
Dans cet esprit, le dossier abordera la question en s'efforçant de penser
dans un même mouvement le «bonheur au travail» et la «souffrance
au travail», tout en analysant les luttes sociales sur ces thèmes, particulièrement
dans leurs aspects récents.
Les articles du dossier traiteront de la façon dont le travail a été récupéré
dans une logique entrepreneuriale et libérale ; des expériences concrètes
du néomanagement et de la violence symbolique qu'il porte ; du
travail prescrit et du travail réel ; de l'objectivation des «compétences
professionnelles» et des difficultés qui en résultent pour les salariés ;
des 35 heures ; des maladies professionnelles et des accidents du travail,
cette «réalité invisible» ; des «luttes pour la reconnaissance» au
travail ; des identités professionnelles et de la question du genre, etc.
(...)