Voix sur le vif : catalogue de l'exposition tenue à l'abbaye aux Dames (juillet 2005)

Qu'elles révèlent des moments de réflexion ou de doute, de bonheur ou de souffrance, les photos de
Michel Garnier montrent avant tout et mettent en évidence l'attention - la tension - et l'implication
du chanteur soliste, comme celles des membres du choeur, tous au service d'une oeuvre où l'humilité
importe plus que la prouesse vocale.
Michel Garnier ne se laisse pas distraire : avec la proximité et le secret que lui donne le téléobjectif, il
décèle ce que le chant peut avoir de souffrance, d'effort, voire de disgrâce à transmettre l'émotion.
Car son objectif - tout comme le micro captant le concert en direct - n'est jamais un intrus : complice,
garant du naturel, il s'insinue, se glisse discrètement, d'ici ou de là, d'en haut ou de côté - d'on
ne sait où à vrai dire - et saisit en un instantané l'artiste tel qu'on le voit faire. Reconnaissable d'un
seul coup d'oeil, comme on devine Rameau ou Mahler après deux mesures, l'art de Michel Garnier
est intrinsèquement lié au festival de Saintes ; comme lui, il est musique, et la sert en retour avec
ferveur et humilité.