Les Lettres françaises : jalons pour l'histoire d'un journal : 1941-1972

Les Lettres françaises : jalons pour l'histoire d'un journal : 1941-1972

Les Lettres françaises : jalons pour l'histoire d'un journal : 1941-1972
Éditeur: Tallandier
2004250 pagesISBN 9782847341386
Format: BrochéLangue : Français

Supprimées en 1972 par le PCF, en raison de leur soutien aux

intellectuels persécutés à l'Est, Les Lettres françaises sont revenues

à l'actualité en 2002, quand L'Humanité fêta leur 60<sup>e</sup>

anniversaire comme si de rien n'était. Au même moment, paraissait

une biographie de Jacques Decour, leur fondateur fusillé par les

nazis, où était dénié à Aragon son rôle de cheville ouvrière, en juillet

1941, dans la constitution de la première équipe du journal.

Rédacteur en chef des Lettres françaises entre 1948 et 1972, Pierre

Daix revient ici sur la naissance de ce journal clef du paysage intellectuel

français de la Résistance et de l'après-guerre. Confrontant

les archives, parfois tout juste publiées, aux témoignages, y compris

ceux des dissidents du PCF, il reconstitue l'étendue de la crise

que traversèrent les intellectuels communistes après l'abandon de

l'antifascisme, suite au Pacte germano-soviétique de 1939. Il

montre leur déchirement de juin 1940, quand l'Internationale communiste

poussa à une reparution de L'Humanité sous contrôle

nazi, contre quoi ils créèrent, pour exprimer leur résistance,

L'Université libre et La Pensée libre. En contraste, il retrace l'itinéraire

d'Aragon qui, sorti de l'enfer de Dunkerque, isolé en zone

sud et coupé du PC sut inventer une poésie nationale de contrebande

que Jean Paulhan, le directeur de la NRF , lui permit de publier.

Le dialogue que nouèrent les deux écrivains rendit possible, à

l'été 1941, la coopération Decour-Paulhan dont sortirent Les Lettres

françaises illégales, concues comme porte-parole de toute la résistance

intellectuelle. Ce qu'elles furent jusqu'à la Libération. En

conclusion, l'auteur analyse en conclusion la crise que le journal

connut pendant la guerre froide, ce qu'il appelle sa «renaissance

morale», en 1962, à l'occasion de la parution d' Une journée d'Ivan

Denissovitch , d'Alexandre Soljénitsyne, et enfin sa disparition dix

ans plus tard.

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