La princesse de Clèves

La Princesse de Clèves met en scène, à la
cour du roi Henri II, un trio tragique : le
duc de Nemours est épris de la princesse
de Clèves, qui l'aime en retour, mais
est adorée de son époux... Par refus de
s'abandonner à une passion coupable, la
princesse commet l'irréparable : elle avoue
tout au prince. Et cet aveu central dont
dépend l'issue du drame a fait couler beaucoup d'encre,
ainsi que le résume la romancière Marie Darrieussecq :
«Les premiers lecteurs de M<sup>me</sup> de Lafayette, au XVII<sup>e</sup> siècle,
le jugèrent invraisemblable : quelle épouse pense devoir
informer son mari de ses tentations adultères ? Au XVIII<sup>e</sup> siècle,
cet aveu, on l'a trouvé charmant. Au XIX<sup>e</sup>, immoral. Au XX<sup>e</sup>,
idiot : mais qu'elle l'épouse donc, son bellâtre de cour !
Et au début du XXI<sup>e</sup>, on dit qu'il ne faut plus lire ce livre, mais
c'est encore une autre histoire.»