Les sentinelles de l'estuaire : les oubliés de Leure

Il n'y aurait donc rien eu à l'orée de l'estuaire de la Seine, avant 1517 ?
Avant la fondation par le roi François 1<sup>er</sup> du port de Grasse, matrice de la
future ville du Havre ?
Que nenni ! répondraient, tel un choeur, tous les personnages du roman,
Les Sentinelles de l'estuaire ou les Oubliés de Leure.
D'Ingold Berin, Viking venu asseoir sa descendance dans les marais de
l'estuaire à Bérengère, reine d'une nuit sur la nef la grande Françoise en
1538, tous parlent de leur passion pour cette terre de rien, pour ce port, la
fosse de leure, creusée aux portes de l'estuaire.
Un jeune journaliste, Gabriel Berenguier, croisera un jour la route de
l'abbé Cochet et décidera de faire siens les souvenirs de tous ces hommes
et femmes qui ont forgé leur destin dans la vase, le sable et le limon de
l'embouchure de la Seine avant Le Havre.
Rou Berenguier, le paludier, Colinette de Grosmesnil, la rebelle, Elie, le
passeur de mémoire, Anchiel du Moutier dont l'esprit plane encore sur les
marais, les petits drôles, résistants tenaces à l'occupant anglais, Bertrand,
François, Louis du Moutier, les faiseurs de nefs, tous portent jusqu'à nous
la mémoire d'un lieu, l'estuaire, d'un nom, leure. Tous portent en eux le souvenir
d'une cité engloutie dans le silence du fleuve et de la mer.