L'ennemi principal est dans notre propre pays : l'opposition à la guerre impérialiste : 1914-1916

À l'occasion des commémorations du centenaire de la Première Guerre
mondiale, il est indispensable de rappeler ce que furent les réactions du
mouvement ouvrier face au déclenchement de cette tragédie qui fit basculer
les sociétés, en Europe et dans la majeure partie du monde, dans l'horreur et
la barbarie.
Alors que les rivalités impérialistes envoyaient au massacre des dizaines
de millions de travailleurs et de paysans, les dirigeants des principaux partis
de la Deuxième Internationale, ceux de France, d'Allemagne, d'Angleterre, et
de Belgique se dérobèrent et trahirent ouvertement les travailleurs pour une
politique d'union sacrée ; ils votèrent les crédits de guerre, au mépris de toutes
les résolutions adoptées sur cette question les deux décennies précédentes. Il
en alla de même pour les dirigeants des organisations syndicales, qu'elles
aient été ou non liées organiquement aux différents partis socialistes.
Face à cette trahison et au désarroi qu'elle occasionna dans les rangs
ouvriers, peu nombreux furent ceux qui surent s'opposer à la guerre
impérialiste et menèrent le combat pour la renaissance d'une Internationale
ouvrière. Mais quelques-uns s'y engagèrent, dès le mois d'août 1914.
Quelques-uns des textes écrits par ces militants dans les deux premières
années du conflit sont rassemblés dans ce recueil. Leur opposition à la
guerre impérialiste et la défense de l'internationalisme prolétarien face à la
trahison des dirigeants du mouvement ouvrier portaient, malgré la débâcle
des directions réformistes, l'espoir d'une société débarrassée du système
capitaliste, des frontières, du militarisme et de la guerre.