André Gide : les gestes d'amour et l'amour des gestes

André Gide : Les gestes d'amour et l'amour des gestes
Depuis les premiers essais d'écriture de L'Oeuvre , sa somme, dont sont issus Les Cahiers d'André Walter , André Gide a été un diariste fervent. Son journal a été fondamentalement conditionné par la figure de l'Autre, à la fois absente et omniprésente, son épouse Madeleine, « Em. », qui a fait sien l'espace de Cuverville. Contraint de définir sa propre sincérité, il a inauguré une écriture sur l'homosexualité. Cette écriture met en scène une transformation graduelle de la troisième personne en première personne. Gide va oser dire « je », à rencontre de Proust et de Wilde. La figure de l' artiste , et non pas du poète , qui va l'aider à ciseler l'idéal esthétique à la fois romantique et classique est Chopin. Le piano pose la question du corps de l'amateur, et amène Gide à inaugurer sa compréhension personnelle de la musique de Chopin, que les interprètes du XX<sup>e</sup> siècle ont confirmée. En racontant son désir d'oeuvre , l'amour, l'homosexualité et la musique, Gide trace, dans son Journal , à la fois ses gestes d'amour et son amour des gestes . Toujours multiple, Gide accueille les contradictions, les changements et promeut, dans sa quête de l'authenticité, la possibilité de toujours « passer outre ».