Jouer autrefois : essai sur le jeu dans la France moderne (XVIe-XVIIIe siècle)

Jouer autrefois : essai sur le jeu dans la France moderne (XVIe-XVIIIe siècle)

Jouer autrefois : essai sur le jeu dans la France moderne (XVIe-XVIIIe siècle)
Éditeur: Champ Vallon
2006439 pagesISBN 9782876734364
Format: BrochéLangue : Français

Courte paume, balle à l'escaigne, tamis, pallemail, billard, trou-madame,

galet, quilles, boules, volant, trictrac, échecs, dames, loto, jeu de l'oie,

hoca, pharaon, biribi, lansquenet, piquet, hoc, triomphe, reversis, quadrille,

impériale, flux, culbas, comète, whist : ce sont quelques-uns des

innombrables jeux pratiqués dans la France moderne, du XVI<sup>e</sup> au XVIII<sup>e</sup>

siècle. Mais jouer n'y est pas si simple qu'aujourd'hui. L'Église et la loi

surveillent de près jeux et joueurs, elles ne cessent de leur imposer des

limites, car elles y voient une activité dangereuse, la première pour le

salut des âmes, la seconde pour la tranquillité publique. Elles ne sont pas

seules à s'en préoccuper ; le théâtre et le roman des XVII<sup>e</sup>-XVIII<sup>e</sup> siècles mettent

en scène les effets funestes de la passion du jeu, pendant que les

mathématiciens s'en servent dans l'étude des probabilités et que les philosophes

des Lumières en soulignent les dangers pour l'équilibre social.

Leurs débats débouchent sur une conception très restrictive du jeu en

général, dont il faudrait user comme d'une médecine, avec prudence et le

plus rarement possible.

Cependant, le jeu déborde constamment les limites que la loi et la morale

voudraient lui imposer. Du XVI<sup>e</sup> au XVIII<sup>e</sup> siècle, il se diversifie en jeux

multiples, d'exercice, d'adresse, de hasard, de commerce, dont les formes

évoluent constamment : si la courte paume décline au profit du pallemail

et du billard, les échecs et les jeux de table prospèrent tandis que s'affirme

l'éclatante fortune des cartes, employées à la fois dans des jeux de commerce

et des jeux de hasard. Ces mutations reflètent la transformation du

goût des élites, lesquelles préfèrent désormais des jeux qui ne compromettent

pas leur dignité.

Jouer dans la France moderne offre aussi maintes occasions de transgression,

en particulier aux jeunes gens qui ce faisant expriment leur vitalité

et leur impatience, sous l'oeil tantôt sévère tantôt débonnaire des autorités

de police. Enfin, le jeu représente une force économique méconnue

jusqu'ici, qui fait vivre des corporations de métiers, rapporte de l'argent à

l'État royal grâce au droit sur les cartes à jouer et à la loterie et sustente

par la fraude une partie non négligeable de la population.

Cette histoire du jeu dans la France moderne envisage l'activité ludique

comme un phénomène social global. Elle montre qu'en parlant des sociétés,

les jeux disent souvent la vérité.

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