Beaumarchais et la chanson : musique et dramaturgie des comédies de Figaro

Philip robinson remonte aux sources contemporaines de
Beaumarchais, non seulement pour présenter, dans la mesure
du possible, la musique authentique des comédies de Figaro,
mais aussi pour analyser sa contribution à la dramaturgie des deux
pièces, tâche jusqu'ici négligée par la critique. Se révèlent ainsi dans
ces comédies célèbres une richesse de plus et un témoignage
supplémentaire de la subtilité et de l'originalité des procédés de
l'auteur. Jamais Beaumarchais ne se répète théâtralement dans ces
`moments musicaux', qu'ils servent à faire rire ou à faire valoir le
sentiment : dans Le Barbier de Séville , par exemple, Almaviva et Rosine
n'ont guère que la musique pour déclarer leur amour ! Les deux
grandes comédies se ressentent de leur époque spécifique, et surtout,
comme c'est souligné dans une nouvelle Préface à l'étude originale de
1990, par une sorte de dialogue culturel que Beaumarchais entretient
avec la vogue du vieux théâtre de la Foire pendant les années 1770 et
1780. Profitant lui-même dans certains morceaux de ce facteur de
nostalgie, il insiste pour assimiler les acquis de l'opéra-comique de son
temps, y compris les aria , car c'est ainsi qu'il faut entendre le terme
d'`ariette'. Philip Robinson jette ainsi le défi à la fois aux critiques et
aux metteurs en scène modernes : ceux-là tiendront-ils pleinement
compte de la théâtralité musicale qui est manifestement en jeu ? ceux-ci
sauront-ils compenser l'usure du temps qui touche bon nombre des
allusions culturelles de cette musique ?