Derrière la lumière

Elle et lui. Dans leur dialogue, ils se rappellent leur existence.
Maintenant qu'ils sont tous deux disparus, ils peuvent évoquer leur
passé dans une sérénité intemporelle, puisque les voilà délivrés de
toute contingence. Lui, plasticien et sculpteur, aura quitté la vie le
premier. Elle, photographe, lui survivra quelque temps.
Le dialogue est un faux dialogue, car ce n'est qu'à de rares instants
qu'un échange direct se concrétise. La voix des deux protagonistes se
révèle dans un espace indéterminé où se mêlent l'enjeu de la solitude
et l'écho du souvenir. Sommes-nous au théâtre ou devant le secret
d'une double parole qui semble émaner de nulle part ? Ceux qui parlent
se sont aimés et s'aiment toujours sans doute. Dans l'espace
improbable d'où ils parlent ils ne peuvent rien renier et rien cacher. La
hantise de l'avenir ne les concerne plus. Et s'ils parlaient du fond de
nous-mêmes ?