Dérives et réussite sociale en Afrique : des stratégies juvéniles à Abidjan

L'identification de fondements structurels et conjoncturels
de la dérive chez les jeunes et leurs stratégies individuelles et
collectives conséquentes, sont au centre de cette étude. Il ressort
que ces stratégies sont liées à la nouvelle citadinité africaine.
L'auteur met en lumière, en quelque sorte, comment les dérives
psychosociales révèlent le côté fragilisant du milieu urbain.
Les fondements de la dérive émergent aux niveaux individuel,
familial, communautaire et politique. Ils sont peu discriminants
contrairement à ceux qui soutiennent la réussite sociale.
La dérive offre des mutations aux niveaux social, spatial et
psychologique. À partir du seuil critique de pression psychosociale
lié, des jeunes optent tantôt pour des voies actives (petits
métiers, corps, langage et musique) tantôt pour des voies passives
et d'autodestruction (drogues, vol, violence, prostitution et
alcoolisme). L'auteur fait le constat que tout milieu de vie est
autant une source de protection que de risques pour les individus
correspondants. Ceux-ci créent ou adhèrent à ce qui donne sens,
satisfait leur quotidien et permet de se construire une identité
propre. Celle-ci, parfois, s'impose indépendamment de la
volonté des individus et des groupes. Les pratiques quotidiennes
expriment une quête de référence des expériences psychologiques
chez les jeunes. Ces considérations cadrent leur sous-culture.