Marat ne dort jamais

Il faut tout le talent de conteur et l'art d'écrire de
Lepère pour réussir à nous plonger dans l'époque
troublée de la Convention et rendre vivants ces
personnages que les manuels scolaires ont réduits à
des images simplistes : qui ne connaît celle de Marat
assassiné dans sa baignoire par Charlotte Corday ?
Une légende noire s'attache à Jean-Paul Marat. Le
savant admiré par Goethe, le penseur polyglotte,
disciple de Montesquieu, le journaliste infatigable,
l'homme souffrant dont le peuple disait qu'il ne dormait
jamais pour mieux veiller sur lui, sont soigneusement
occultés au profit de sa caricature. En revanche, la
légende blanche de Charlotte Corday n'a jamais cessé
d'être célébrée. On continue à voir en elle une nouvelle
Jeanne d'Arc dont l'attentat aurait sauvé la France. La
réalité est plus contrastée. La mort de Marat n'a-t-elle
pas ouvert une voie royale à Robespierre et permis
l'instauration de la Terreur ?