Platon, philosophe du plaisir

Platon, philosophe du plaisir
Platon engage très tôt le dialogue avec les hédonistes, dès le Protagoras , où il donne l'impression sans doute trompeuse de les rejoindre, en anticipant l'utilitarisme moderne de Bentham et de Mill. De façon générale, la réprobation de l'hédonisme est chez lui inconditionnelle, tempérée toutefois, à partir de la République , par la condamnation en vis-à-vis des esprits « subtils » qui identifient souverain bien et pensée.
À l'endroit du plaisir, la position riche et nuancée de Platon connaît une évolution : si le Gorgias et le Phédon le dénigrent à peu près sans réserve, l'introduction de la notion de plaisirs vrais, distingués des plaisirs en trompe-l'oeil, ou l'affirmation de l'existence de rapports étroits entre plaisir et vertu, conduisent à lui réserver une meilleure place dans la vie bonne, ainsi qu'en témoignent le Philèbe et les Lois .